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 Framboise Première Partie

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Manon
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MessageSujet: Framboise Première Partie   Lun 25 Mai - 4:51

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Première Partie


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MessageSujet: Re: Framboise Première Partie   Lun 25 Mai - 4:54

Prologue

Je n’ai jamais voulu savoir ni comment j’allais mourir ni où. Mais j’aimerai bien mourir à la place d’un ami ou de quelqu’un qui me connaissait. Pour qu’il ne regrette pas de vivre quelques minutes de plus ; pour qu’il pense à moi, et qu’il se rappelle de moi comme une personne de bien.

Pourquoi ? Je n’en sais rien. Ou plutôt si, je le sais très bien. Je suis une personne insignifiante, un bouc émissaire, une vieille chaussette qui aide sans rien avoir en retour ; qui aime sans rien attendre des autres ; qui se sent terriblement seule mais qui a trop peur de se l’avouer à soi-même pour ne pas se sentir encore plus seule qu’elle ne l’est déjà; qui ne veux plus vivre de cauchemars chaque jour de sa vie. Je préfère mourir que de rester dans cet enfer donc.

D’où je viens ? Je ne sais plus. J’ai oublié. Ma mémoire ne veut plus me le dire. Trop de choses l’ont perturbé. Mes parents m’ont abandonnée lorsque j’avais trois ans. La seule chose qui me reste d’eux c’est mon prénom : Framboise. Comme le fruit. La petite Framboise Rose Violette. Framboise. Quand j’y pense, je trouve que j’ai vraiment des prénoms ringards.

Où je vais ? Je ne sais pas je verrai avec le temps, je verrai ce que me réserve l’avenir, je verrai si j’aurai un futur un peu plus joyeux ou si j’ai un futur tout court. La seule chose que j’aimerai ce serai de visiter Rome et Venise. Peut être faire le tour du monde, même. Je veux juste voyager et oublier tout ce qui c’est passé, tout ce qui passé.


Fin du Prologue


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MessageSujet: Re: Framboise Première Partie   Lun 25 Mai - 4:57

Chapitre 1

Comment ont-ils pu me faire ça ? Vider mon sac dans les toilettes du collège. Non mais je vous jure. Et demain que vont-ils encore inventer ?
Je ramasse mes affaires tant bien que mal. C’est vraiment répugnant. Berk !
La sonnerie retentit. Je me relève et je sors des toilettes, dégoutée pour la fin de la journée. Je ne comprends plus rien, rien du tout, nada de cher nada sur ce qui se passe. Hier, ils étaient tous absolument super sympas avec moi, la pauvre chaussette sans importance, ils ne m’ont même pas embêté, ils ne m’ont même pas insulté, ils ont même bien voulu que je mange avec eux, c’est un MIRACLE ; et aujourd’hui... Aujourd’hui c’est tout le contraire... Enfin bon passons. Je ne vais pas en faire tout un plat pour encore arriver en retard en court. Quelle matière au fait ? Les Maths, cool. Faut pas se plaindre, c’est l’une des rares matières où je suis presque tranquille. Presque... Mais aïe ! Encore une boulette de papier. Depuis le début de l’année, j’ai reçu exactement deux cents trente cinq boulettes de papier tous cours confondus dont une bonne cinquantaine pour les maths. Je dis tout courts confondus mais j’élimine la musique, les arts plastiques, les sciences nat’, la physique, et la techno, et notez tout de même que nous ne sommes qu’en fin avril. Vivement les vacances...
Mais ils continuent tout de même, ils s’acharnent sur moi. J’en ai l’habitude mais tout de même... Ils ne peuvent pas me lâcher un peu. Ils ne voient pas qu’ils en font un peu trop. Ils ne voient pas le mal qu’ils font. Ils ne voient pas les personnes meurtris par leur violence. Non, ils ne le voient pas, ils sont trop aveugles par la popularité qu’ils aimeraient avoir. Bien trop aveugle pour voir ce qui se passe après le petit bout de leur nez. Bien trop aveugle pour voir qu’il y a des gens qui sont devenus des moins que rien par leur faute. Ils ne voient pas. Ils ne voient rien...
Aller, retient tes larmes, attend d’être chez toi pour pleurer, aller respire, allez.
Eh bien non, cette fois encore je n’ai pas réussit à me retenir. Une fois de plus, une fois encore de trop. Mais qu’est-ce qu’il m’arrive bon sang ? Tout le monde va encore se foutre de moi, si ce n’est déjà fais. Ah quoi bon vivre si on ne connaît pas le bonheur ? Mais pourquoi, pourquoi c’est toujours moi qu’ils visent ? Pourquoi ? Parce que je suis « the » personne différente des autres, parce que je suis toute seule, sans aucune défense, parce que je suis simplement moi et que je veux rester à jamais moi-même. Si ça c’est compliqué...
La prof me demande gentiment de sortir de la salle pour me calmer un peu, parce que d’après elle, je dérange beaucoup cette classe et son très bon fonctionnement avec mes jérémiades. L’heure passe et mes larmes coulent toujours autant à flot. La sonnerie retentit annonçant la fin de ces stupides cours. Enfin ! Je vais pouvoir pleurer tout à mon aise chez moi.
Je rentre dans la salle sans faire aucun bruit, le regard scrutant le sol. Presque toutes les personnes de la classe sont sorties. Les autres personnes restantes ne m’accordent même pas un seul et simple coup d’œil. C’est tous les jours la même chose. Tous les jours la même routine, tous les jours. Et cela depuis que je suis gamine, toute gamine. Je ressors de cette classe maudite qu’est celle des maths, mais cette fois avec mes toutes affaires contre moi, de peurs que l’on me les prend. Je sors enfin du collège avec un très grand empressement.
Pourquoi moi ? Me répétai-je sur le chemin du retour, Pourquoi ?
Pourtant les choses n’ont pas si évoluées depuis que cela à commencé. Et cela a commencé depuis que je suis toute petite. Depuis toute petite, toute petite...

Mon souvenir le plus lointain remonte à mes trois ou quatre ans, je ne sais plus très bien. Je revois encore leurs visages sans expressions mais trahis par leurs tristes larmes. Mes parents, Silvia et Arthur, m’ont laissés dans les bras d’inconnus, un soir de pluie, un soir d’été, un soir de juillet, un soir où la journée avait été joyeuse, un jour où tout ce terminait mal, au crépuscule. Ces inconnus ne le sont plus à présent, mais ils restent toujours des étrangers dans mon cœur, sauf peut-être Paul, mon père adoptif. Mes vrais parents me manquent énormément, même si je ne les ai pas bien connus, et Paul le sait très bien. Ils sont montés dans le taxi londonien noir suie qui les attendait devant chez mes futurs parents adoptifs. A cette époque, je pensais que mes vrais parents viendraient un jour me chercher. Je pensais mal, très mal mais j’espère toujours. Comme on dit : « Tant qu’il y a de la vie, y a de l’espoir » et moi j’espère.

C’est à ce moment que ma vie bascula.
Transportée par mes pensées, je ne vis pas le camion qui fonçait droit sur moi lorsque je traversais la route accompagnée d’Alice, une « copine » qui faisait un petit bout de chemin avec en me racontant sa dernière mésaventure qu’elle avait eu au supermarché du coin, juste pour se sentir moins seule. Elle ne connaît pas la solitude, la vraie. Ce camion fonçait vers moi à vive allure. Il me percuta en plein fouet et je fus projeté quelques dizaines de mètres plus loin peut être plus.
Derrière moi, où se trouvait Alice, cette fille qui me faisait croire qu’elle était mon amie, mais qui me prend plus pour son bouche trou pour faire comme les personnes « cool ». Quelques secondes de plus et s’était elle qui aurait été projeté. Et franchement, j’aurai bien voulu qu’elle soit à ma place.

Peu après le départ de mes parents, ma famille adoptive m’emmena en France, le pays où je suis réellement née, ce pays où j’étudiai en ce moment. C’est surtout le jour de ma première rentrée que tout a vraiment commencé.
Ce jour là, ma « mère » m’avait habillé comme les petites filles de mon âge. Une jolie robe ROSE parce que j’étais une fille. Je lui avais pourtant dit que je détestais le rose, je haïssais même cette horrible couleur bonbon, mais elle, pauvre mère qu’elle était s’enfichait complètement. Aujourd’hui encore elle se fiche encore pas mal de moi, et j’ai bien l’impression qu’elle ne me voit même pas. Elle m’accompagna jusqu’à l’école, à pied, c’était la mode de l’écologie ou du moins un faible début.
Ah l’école ! Quels bons souvenirs ai-je pu bien avoir de cette école ? C’était un bâtiment vieux comme Mathusalem, tout gris, triste, et sale. Froid comme le marbre, dur comme la pierre, poussiéreux comme mon grenier et aussi triste qu’un cimetière, et sale comme... une porcherie version snob. Sur ce dernier point, je ne me plaignais pas, car il n’y avait pas à se plaindre. L’endroit était parfaitement clean. Sauf les gens qui y travaillaient.
Mais il y avait tout de même des personnes très intéressantes. Comme les filles, par exemples. Les filles de mon âge étaient de vraies pestes, le modèle type d’un futur snobinard. Dès mon premier pas dans ce bâtiment qu’elles vinrent me voir sans me parler. Puis elles me dévisagèrent bizarrement, toutes avaient la tête penchée vers le même côté, elles étaient habillée exactement pareil, et elles étaient toujours en groupe, elles se connaissaient depuis leur naissance ou presque. Elles jouaient toutes dans le même bac à sable depuis qu’elles sont toutes petites. Moi, j’étais la nouvelle, j’étais seule, et j’étais différente. Elles trouvèrent cela dégradant pour elles, je ne sais pas pourquoi. Je devais souffrir, d’après elles du moins. Ou encore les garçons, pour prendre un autre exemple. Type parfait de l’idiot sans cervelle de bas âge. Plus débiles, tu meurs. Ils étaient plus distants que les filles à mon égard, mais tout aussi accueillant. Ils étaient, pour la plupart, sous l’emprise des filles. Les garçons étaient faibles et avaient peu de matière grise, je dois dire, à cette époque et je me demande bien s’ils en ont aujourd’hui...

Le SAMU arrive. J’entends à peine sa sirène hurlante. Mais je sais qu’il est là. Je sens aussi qu’il y a beaucoup de personnes autour de moi. J’ai froid d’un coup, un froid que je n’avais jamais ressentit auparavant, un froid beaucoup trop froid, inqualifiable mais frigorifiant. Mais il y a tellement de monde autour de moi, tant de chaleur humaine. Eh bien non, j’ai froid. Vraiment très frigorifiant ce froid. Je pers la tête, je ne sais plus ce que je dis. Je n’ai pas vraiment mal, même pas du tout, non la douleur est vraiment trop forte pour s’apercevoir de quelque chose, je suis « déconnecté » de mon corps, tant cette douleur est forte, tant elle est inqualifiablement douloureuse. Je n’arrive à bouger aucun de mes membres. Je suis si fatiguée et j’ai vraiment très froid, trop froid, beaucoup trop froid. Je sens que l’on me soulève ou j’en ai juste l’impression, je ne sens presque rien, mes sens ne fonctionnent plus, sauf peut-être une légère brise chaude, tiède plutôt. Un souffle, un vent, un courant d’air chaud tout près de mon visage.
« Ce n’est qu’un cauchemar je vais me réveiller »
Non, je n’y arrive pas. Mais paupières sont trop lourdes, je suis trop, beaucoup trop fatiguée. Les lever est un supplice.
« Mais que m’arrive-t-il ? Que s’est-il passé ? »
Je ne sais pas, je ne sais plus, je ne cherche pas à savoir. Mon cerveau se fatigue, vite, ralentit peut-être, surement. Je n’en peux plus. Je vais devenir folle. Je crois que je le suis déjà. Je deviens folle. La fatigue me frappe de plein fouet. Je déconnecte tout. J’ai décroché.

Fin du chapitre 1


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MessageSujet: Re: Framboise Première Partie   Lun 25 Mai - 4:58

Chapitre 2

Les pestes me suivaient où que j’aille. Elles ne me lâchaient pas d’une semelle, comme des petits chiens que l’on promène en laisse. Critiquant chacun de mes gestes, chacun de mes mots même mon pauvre souffle essayant de recouvrir de pauvres larmes amères et retenant des pleurs de solitude.
Je n’ai pas tenu un mois sans pleurer, je ne crois même pas une semaine. J’ai pleuré d’abord mes parents que je ne reverrais plus puis ce qui se passait dans cette foutue école. Ma mère adoptive, Martine, se fichait de moi comme de sa première chaussette rouge. Mes petites larmes douloureuses à retenir quelques secondes ne l’atteignaient absolument et certainement pas. Quand à mon père adoptif, Paul, celui qui me comprenait, lui, n’était presque jamais là. Cette année commença mal, très mal. Et les autres ne furent pas plus joyeuses que celle-ci, elles aussi d’ailleurs.
Un jour en allant en récréation, le groupe des pestes approcha vers moi. Les filles commencèrent à m’encercler en faisant des grimaces, j’avais eu un petit peu peur au tout début. Mais elles se fichaient complètement de ma peur, au contraire, c’était cet effet qu’elles recherchaient. Elles me racontèrent des horreurs, sur mes parents sans savoir que ce n’était pas mes vrais, sur cette maudite école, sur ce que j’allais subir si je n’étais pas comme elles, ma peur augmentait en flèche, j’étais morte de trouille. Je n’ai pas retenu le quart des choses qu’elles m’ont dites. Mais franchement, ce moment est resté gravé profondément dans ma mémoire comme le film que l’on a vu en Histoire sur les camps de concentration et la deuxième guerre mondiale. Et pour me donner un avertissement et un exemple à tous ceux qui étaient présents, de leur puérile vengeance, elles prirent chacune un pli de mes vêtements pour me l’arracher. Elles avaient gagné. J’étais traumatisée. Je suis revenue avec une robe en miettes. Martine ne le remarqua pas non plus, sauf pour la robe, et je fus punie pour quelque chose qui n’était pas de ma faute. Les garçons ont rajoutaient leur couche eux aussi mais je ne m’en souviens plus tellement. Je dois être victime d’Alzheimer...
Chaque jour passait trop lentement à mon gout. Chaque jour, je devenais de plus en plus antisociale, de plus en plus antipathique et je m’enfermais de plus en plus dans une bulle d’où je ne ressortirais peut-être pas vivante. Si j’en ressors un jour...

Ma respiration est trop faible pour l’entendre, mais mon pouls bat. Je suis encore vivante, encore une fois. Je n’ose pas ouvrir un œil, et puis de toute façon j’ai beaucoup trop mal. Où suis-je ?

Le reste de mes souvenirs encore intact se trouve au collège. C’est ici que j’ai le plus souffert. C’était pire que les pestes de la maternelle, que je revis malheureusement en primaire et au collège, dans la même classe que moi en prime. Pourquoi tant de haine et de violence envers toutes les personnes différentes ? Pourquoi ?

J’ouvre un œil. Je ne sais pas où je suis. Tout est blanc, tout m’éblouie. Mais je n’arrive pas à tenir tant la douleur est forte. Ma paupière se referme aussitôt. Vraiment beaucoup trop de douleurs. Mais qu’est-ce-qui m’est arrivée bon sang de bon soir ?!

Au collège, ma classe venait se servir dans mon sac comme si tout était normal. Les élèves me frappaient, normal aussi. Ils me bousculaient, m’engueulaient, m’insultaient à tout bout de champ, toujours aussi normal. J’étais le punching ball de la classe, quoi de plus normal. Le bouc émissaire des élèves, voir aussi de certain prof, ça, ça l’est moins. Même les 6° ne se gênaient pas pour me frapper. Ils « adoraient » ça. C’est sur, quand on est sixième, la plupart des personne rêve de frapper un troisième ou quelqu’un d’aussi grand. Mais je ne sortais pas de ma Bulle. Elle me protégeait, me consolait, m’aidaient à tout supporter. Même s’il y a des jours où je craque et je ne peux plus retenir mes larmes. Elle faisait et fait tout pour me rendre un petit peu plus heureuse, je ne sais pas du tout ce que maintenant elle pourrait faire pour moi. Elle n’est pas inépuisable, en tout cas je n’espère pas.

Quelqu’un vient me voir. Qui est-ce ? Je n’arrive pas à voir son visage. Ça sent fort. Pouah ! Une autre personne rentre. Le courant d’air me chatouille les narines. Vanille, ça sent la vanille ! Le parfum que mettait ma mère, Silvia quand nous allions à des soirées chez ses amis, j’en suis sure car elle m’en mettait aussi, et jamais je ne pourrais oublier cette sublime odeur de vanille. Maman, vous me manquez horriblement, toi et papa ! Mais tu n’es malheureusement pas la seule à en mettre, de cet envoutant parfum des tropiques qui sent bon les vacances. On me secoue doucement. Que me fait-on ? Je ne peux rien faire. J’ai beaucoup trop mal. Qu’est-ce-qui me tient en vie ?

Septembre 2006. Année de 3°. Début de cette année et dernière année dans ce collège pourri. Et l’année prochaine, que va-t-il encore m’arriver ? Mes « amis » m’attendent comme tous les jours, comme l’année passée, comme les antérieurs et sûrement comme les suivantes.
Aller avance, de toute façon, un jour de plus ou de moins avec eux c’est rien, tu as l’habitude.
Aller avance, que va-t-il t’arriver de pire que l’année dernière ?
Aller avance, tu ne peux pas reculer, la machine est déjà en marche.
Aller avance, ne les laisse pas t’impressionner, tu es la plus forte.
Aller avance et ne pleure pas ça ne sert à rien, la vie est comme ça tu ne peux rien y faire.
Aller avance, tu vas être en retard.
Aller...

Une voix m’appelle. « Framb, ma petite Framb », dit la voix. Elle est douce, cette voix. Ce n’est pas celle d’une femme, j’en suis sure et certaine. On dirait une voix d’un ange, quelle belle voix. « Ma Framboise, que t’ont-ils fait encore... », reprend cette voix d’un ton lasse. Ce n’est pas la voix de mes parents, vrais ou non. Ouvre un œil, aller, ouvre-le, cet œil. Je n’y arrive pas. Ma bouche est sèche, je ne peux pas parler, normal, je ne suis pas encore réveillée de ce cauchemar, mais est-ce un cauchemar ? J’ai surtout soif. Depuis combien de temps n’ai-je pas bu ne serai-ce qu’une goutte d’eau ? Mes mains sont moites. J’ai des frissons dans le tout dos, des fourmis dans le corps. Que m’arrive-t-il ?
Le temps passe. J’ai du m’endormir. Une autre personne entre. Son parfum sent la réglisse. Ouf ! Qu’il est fort. On dirait le Lolita Lemplika qu’Alice adore, mais ce n’est pas Alice, j’en suis sur. Elle ne viendrait pas me voir à l’hôpital, sauf si je devenais la coqueluche du collège, ce qui à priori n’arrivera jamais. « Viens Adrien, on s’en va, tu reviendras demain », dit cette personne « Tu es crevée, aller viens. Dépêche-toi. Ton père nous attend. ». Adrien, cette voix d’ange était celle d’Adrien et ce parfum de vanille était à lui. Ce n’est absolument pas possible ! Adrien. Lui ici...

Je rentre dans le bâtiment, pas vraiment en fait. Je suis encore devant le collège quand ils m’entourent et m’encercle. Je n’avance plus. Et voilà ça recommence. Ils m’insultent, me frappent, me poussent. Dès la rentrée ils remettent çà. Pffff. L’année va être chouette. Et les pions ne vont encore rien faire parce que le fils du proviseur est dans notre classe et il adore me taper. Ben tiens, je ne suis pas encore sortie de l’auberge, moi je vous dis.
Presque toute ma classe est contre moi. Le reste est neutre. Enfin le reste, il n’y a qu’une personne : Adrien, le mec le plus beau du collège, le plus populaire aussi, plutôt narcissique je dois dire et un peu égocentrique, toujours accompagné d’un ou deux bouche-trous pour ne pas se sentir trop seul, comme toutes les personnes populaires. C’est la seule personne qui ne fait pas comme les autres. J’ai plutôt l’impression qu’il ne remarque pas que je suis là. Mais tant pis un ennemi de moins c’est déjà ça. Il ne faut pas se plaindre.
Mais voilà, le problème est que ça fait plus d’un an que je suis tombée amoureuse de lui. Le jour où je m’en suis rendu compte, c’était sûrement le plus beau jour de ma vie. Je crois. Maintenant je n’en suis plus sure. Je ne suis sure de rien en ce moment...

Personne ne m’avait embêté ce jour là. J’étais sortie la dernière comme d’habitude. Mais ils m’avaient tous attendu, tous, à la sortie, devant le collège, comme tous les vendredis. Ils étaient tous là, toute la classe, il ne manquait personne. Même Adrien était là, mais beaucoup plus en retrait. C’était devenu un rite, et un avertissement pour les petits nouveaux. Il ne faut pas rire quand il s’agit de me taper. Mais cette fois...
Cette fois, ce sera plus fort avaient-ils décidé.
Cette fois, ils ne vont pas me lâcher tant qu’ils n’auront pas fini. Quitte à ce que je me retrouve évanouie sur le sol, entourée d’une flaque de sang.
Cette fois, ce ne sera surement pas la dernière. D’autres suivront. Et ce sera de plus en plus violent. Si je suis encore « debout ».
Cette fois j’étais encore foutue. Comme à chaque fois. Je n’ai pas besoin de me débattre de fuir, cela ne sert à rien, ils peuvent très vite me rattraper. Il en va de leur « honneur ». Parce que maintenant, ils ont un honneur à défendre. Leur vengeance n’est pas terminée. Elle continuera tant que je ne capitulerai pas. Tant que je ne serais pas exactement comme eux.
Cette fois, les plus forts jouaient à la boxe (américaine) avec moi (je n’étais pas pour) même si cela ressemblait plutôt à du catch. Les filles, elles, dont la vengeance peut être bien plus terrible si on est aussi sensible que moi, m’ont pris mes affaires et les ont jeté dans tous les sens s’amusant comme des petites folles, elles ont déchiré mes cahiers, mes livres et elles ont écrit dessus toutes sortes d’insultes qu’elles pouvaient connaître, elles ont vidé ma trousse, etc. et tout ça en filmant la scène aussi bien du coté féminin que du côté masculin (sachant que leurs mentalités ne dépassent pas les 2 ans et demi).
Une bonne dizaine de minutes plus tard, ils avaient terminé me laissant seule, couverte de bleus et de sang, mon visage de larmes, mon nez saignant et mes affaires éparpillés.
Personne n’avait voulu m’aider, pour ne pas éveiller le courroux des 3°. Pour ne pas subir le même sort que moi.
Une douleur intense se fit entendre aussi bien du côté moral que physique. Mon amour-propre en avait pris un bon coup, aussi bas soit-il. Ils ne m’avaient moins épargnés que la dernière fois, aujourd’hui. Mais j’avais l’habitude, c’était comme ça toutes les semaines, chaque vendredi, à la fin des cours.
Adrien s’approcha, je ne l’avais pas vu, il me fit sursauter, faisant redoubler mes pleurs. Il ne parlait pas, et s’agenouilla. Il me donna un mouchoir blanc comme la neige. Je lui rendis rouge, couvert de sang et de larmes. Mes larmes, mes pauvres larmes, mes faibles larmes, n’avaient pas cessé, mais elles n’avaient pas augmenté pour autant. Il ramassa mes affaires, sans un mot. Il me releva, un peu trop vite. Comme la fatigue s’était fais sentir dans la plupart de mes membres, je perdis équilibre. Il me rattrapa de justesse. Nos yeux se croisèrent. Les siens étaient sublimes, noirs jais, des larmes dans le coin. Il avait honte de ses amis, cela se voyait. Ses amis, plutôt devrais-je parler de ses « amis » qui tiennent à lui comme la prunelle de leurs yeux. Lui, Adrien, le mec le plus populaire de ce foutu collège ne connaissait surement pas ce qu’était un vrai ami.
« Merci » fut le seule mot qui réussit à sortir de ma bouche. Nous nous mirent en route, moi appuyée sur son épaule, et lui essayant de ne pas me lâcher. Il me ramena chez moi. Aucun mot ne fut prononcé pendant le trajet. Je jetais un coup d’œil de temps en temps vers son visage. Il était furax contre ses amis, ennuyé pour moi et triste aussi, disaient ses yeux qui trahissaient sans visage démunis d’expression. « Les yeux reflètes nos âmes, mais aussi nos sentiments, ne l’oublie jamais Framboise, jamais » m’avait dit quand j’étais petite mon père, Arthur. Mon nez se remit à couler, ce n’était pas très beau à voir, presque immonde. C’était même plutôt dégoutant, le sang s’était mélangé avec ma morve. Il me redonna un autre mouchoir. Quelle honte, j’étais dans les bras du plus beau garçon du collège et je pleurais. Que pouvais-je faire d’autre ? J’avais beaucoup trop mal.


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MessageSujet: Re: Framboise Première Partie   Lun 25 Mai - 5:01

Je sens la fatigue approcher. J’ai horriblement mal. La morphine que me donnent les médecins ne fait qu’empirer la douleur. Ma tête me tourne. J’ai envie de vomir. Je ne sens plus aucun de mes membres. Vais-je mourir ? Ou rester en vie ? Je préfère vraiment mourir. Je ne peux plus vivre, c’est trop. Trop de violence. Trop de sang. Trop de larmes. Trop de tout cela. Trop c’est trop ! Vais-je un jour connaître le bonheur ? Ne serai-ce qu’une seconde ?

Arrivés devant chez moi, il me lâcha tout doucement. Je m’accrochais tant bien que mal à la porte. Il se retourna et repartit.
« Adrien », essayais-je de dire. Il dut m’entendre car il se retourna. Mes yeux étaient remplis de larmes, mon nez saignait de plus belle, et je n’allais pas tarder à tomber. « Merci. Merci pour tout» Il revint, ouvrit la porte, m’aida à rentrer sans un mot. Ses yeux parlaient pour lui. Il pleurait. Je n’avais jamais vu un garçon pleurer, c’était ... déroutant, étrange, vraiment inhabituel. Tant de mot pour décrire ce moment et en même temps aucun ne pouvait exactement convenir. Il me fit asseoir sur le canapé. Je me sentais mal. J’avais l’impression qu’il connaissait la maison, pourtant il n’est jamais venu, enfin à ce que je sache. A partir d’ici je ne me souviens de rien. J’ai du m’endormir car le lendemain je me suis réveillée dans mon lit, mon père ayant dû me porter pour aller me coucher. Je n’ai jamais pu lui demander quoi que se soit sur ce soir-là. Je n’ai jamais pu l’approcher une autre fois. Je ne pouvais pas. Je...

J’ouvre un œil, enfin j’ai réussit ! Victoire et en même temps désespoir. J’ai vaincu la douleur mais je suis encore en vie. Mon regard parcoure la pièce, petite mais spacieuse. La chambre est... blanche, comme dans tous les hôpitaux, tout est blanc, et la lumière du jour s’y reflétant m’éblouie. Suis-je morte ? Non je ne pense pas. Je regarde la pièce encore une fois et j’en fais le tour du regard. Mes yeux se posent enfin sur un (très beau) jeune homme, endormi près de mon lit, affalé sur une chaise. Adrien. Que fait-il ici ? J’ai beau ne pas pouvoir parler, je le contemple en silence, car de toute façon je crois que je ne pourrais pas parler avant deux ou trois bonnes semaines.
Une heure voir peut être deux plus tard, il se réveille. Je ne sais pas vraiment si c’est le temps que j’ai attendu, je ne sais plus, plus de tout, je n’ai plus la notion du temps, J’esquisse un sourire, ou du moins j’essaye. La douleur refait son apparition. Il s’étire. Ma parole, qu’est-ce qu’il est beau ! Malheureusement ses cheveux bruns me cachent ses magnifiques yeux. Il me regarde et dit après quelques bâillements :
« Enfin réveillée, je commençais à m’ennuyer. »
Mon sourire d’agrandit.
« Que fais-tu ici ? », réussi-je à dire.
Il ne répondit pas tout de suite. Il avait repris son visage inexpressif.
« Plus tard, plus tard je te la dirai, pas maintenant »

Fin du chapitre 2


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MessageSujet: Re: Framboise Première Partie   Lun 25 Mai - 5:01

Chapitre 3

Cela fait presque deux semaines. Deux semaines que je suis allongée sur ce lit. Deux semaines où je m’ennuie à mourir, sauf quand Adrien vient me voir. Adrien... je suis vraiment folle de lui. Quoique ce ne soit pas de ma faute s’il est tellement beau. Il vient me voir tous les jours et me demande à chaque fois si j’ai besoin de quelque chose. Il a, à chaque fois, vraiment l’air gêné, car les yeux nous trahissent toujours, c’est bien connu. Deux semaines qu’il ne veut rien me dire pourquoi il vient tout le temps. Ça m’énerve !!
On m’a demandé de ne pas me lever ni de beaucoup parler. Alors Adrien fait la conversation tout seul. C’est assez drôle. Mais il comprend que j’en ai mare de ne pas trop parler. J’ai tellement de choses à lui dire...

La plupart du temps il me raconte ce qui se passe au collège. D’après lui, les autres élèves sont triste de ne plus me voir. Ils n’ont pas encore trouvé la personne qui me succédera. Je suis tellement exceptionnelle !! J’ai quand même réussit à poser des questions sur lui, certes en bafouillant un petit peu. Il ne voulait pas parler de lui.
« As-tu une petite amie ? », lui demandai-je un jour.
Il me signale négativement de la tête et change de sujet. Bon au moins il n’a pas de petite amie, tant mieux. Son portable sonne. Il répond et sort de la pièce. Il revient quelques secondes plus tard pour me dire qu’il doit partir.
Dès qu’il fut parti, je repris ma toile que j’avais commencée quelques jours auparavant. Elle devait représenter mon amoureux dans une gondole à Venise. J’ai presque finis encore un petit coup de pinceau et elle sera terminée. Et je lui offrirai, pour son anniversaire. Ça lui fera plaisir, enfin je l’espère.
Quel est le jour de son anniversaire déjà ? Ah oui, le 26 octobre. Et aujourd’hui, quel jour sommes nous ? Je ne sais pas. Tant pis, je lui donnerai demain.
Voilà, j’ai fini. Je peux dire que j’en suis un peu fière. C’est très ressemblant. Enfin je trouve.
Une infirmière rentre et remarque le tableau. Elle me dit qu’elle le trouve très beau, et me complimente.
« - Quel jour sommes nous ?, la questionnai-je
- Le 23 mai, pourquoi ?, répondit-elle
- Depuis combien de temps suis-je ici ?
- Environ un mois peut-être plus et votre ami est venu vous voir depuis que vous êtes ici.
- Mais je ne me suis réveillé qu’il y a deux semaines...
- Vous étiez dans le coma. Vous avez reçu un énorme choc au crane je vous rappelle. Un camion vous a percuté, me fit-elle remarquer »
Un mois, un mois que je suis ici...
Le temps passe vite. Beaucoup trop vite.
Bon, je reviens sur mon idée de départ : je lui donne le tableau demain.

Je marche dans un parc je ne sais pas où je suis, ni si c’est vraiment un parc ici, je suis perdu. Quel étrange paysage ! Pourquoi l’herbe est rose ? Quelle horreur ce rose ! Berk ! Un bruit. Un craquement. Un pas. Je me tourne. Je ne vois rien. Une voix. Celle d’un ange. « Framb, ma petite Framb ». Elle se transforme et devient un horrible bruit. Un rire, horrible, abominable, atroce, monstrueux, dur, cruel, écœurant.
Cette voix me criait d’un ton très aimable : « Tu es à moi, tu seras à moi pour toujours, puisque tu n’es qu’une garce insignifiante, trop timide pour parler à qui que ce soit, trop intello pour être comme tout le monde, tu seras à moi, esclave... ».
Depuis que cette voix m’explose les oreilles, je coure, loin, vite, mais elle est toujours là. Au fond de mon cerveau.
Les paysages défilent, changent, se transforme. Ils deviennent noir, noir suie, ce noir qui a emporté mes parents. Un bruit de klaxon. Une voiture. Non. Un taxi. Un taxi londonien. A l’intérieur, deux personnes. Un homme et une femme.
La voix s’amplifie. J’ai un mal de crâne effroyable. Ils n’ont pas de visage. Une bouche se dessine sur leur tête. Leurs lèvres bougent mais je ne les entends pas.
Cette voix m’achève. Les décibels sont trop élevés. Mes oreilles explosent. Du sang coule entre mes cheveux. Je mets mes mains sur mes oreilles. Je sens le liquide chaud qui s’infiltre entre mes doigts.
Mon cœur bat, trop vite. Il rate un battement. Et puis un autre. Et encore un. Il ralentit. Mon souffle s’arrête. Je m’écroule sur le sol froid. Le sang m’encercle et gèle au contact du sol glacé. Mon visage devient blanc. Contraste.
La monstrueuse voix s’est arrêtée. Une autre, ou plutôt deux sur la même longueur d’onde la remplace. Mais cette fois plus douce, calme, paisible, sereine, et apaisante. Elle me parle.
« Nous reviendrons, nous reviendrons te chercher, dans quelques mois, un an tout au plus, nous te le promettons Framboise Rose Myrtille Salomno ».
Une voix. Deux voix entremêlées, sur la même longueur d’onde. Un sentiment. Une promesse.

Réveil. Sursaut. Peur et Stupeur, Effroi, et Inquiétude. J’ouvre un œil. Puis l’autre. Un regard. Je me tourne. Je suis revenue dans ma chambre blanche. Je suis encore à l’hôpital. Soulagement. Que c’est-il passé ? J’ai encore du m’endormir. Et évidement, j’ai du faire un cauchemar. En ce moment cela m’arrive un peu trop souvent je trouve. Quel bizzard cauchemar tout de même. Et ce paysage rose, j’ai failli vomir mes boyaux. Et puis cette voix chaude, tranquille qui disait : « Nous reviendrons, nous reviendrons te chercher, dans quelques mois, un an tout au plus, nous te le promettons Framboise Rose Myrtille Salomno ». Mes parents m’avaient raconté ça quand ils sont partis. Un mois ou un an tout au plus. Ça fait plus de dix ans que j’attends moi. Ils n’ont pas tenu leur promesse. Et puis ce nom Framboise Rose Myrtille Salomno. Bon d’accord les prénoms, c’est bien les miens. Mais le nom... Serait-il par plus grand des hasards le mien ? Comment pourrai-je vraiment le savoir puisque mes parents adoptifs s’appellent Martin et qu’ils ne veulent jamais me parler de mes parents ? La vie est si compliquée parfois. Et dois-je me fier à mes rêves ? Mais si je devais me fier à eux, que voudraient-ils dire ? J’ai de ces questions des fois. Une infirmière rentre. Elle me voit assise sur le lit, pétrifiée, comme gelée mais le cœur battant à deux cents pulsation/min. Elle appelle de l’aide. Une ruée de médecins arrive en courant. Et repartent aussi vite qu’ils sont venu. En disant d’une même voix : « Elle va très bien! ». L’infirmière revient. Je tourne la tête et lui sourit. Je lui ai fais une peur bleue mais je ne l’ai pas fais exprès. Elle me demande :
« - Alors, comment vas-tu aujourd’hui Framboise ?
- Bien j’ai juste fais un petit cauchemar.
- Tu nous as fait une belle frayeur, tout a l’heure. Quand j’ai demandé de l’aide, tous les médecins du secteur se sont précipités. Tu aurais du voir ça, on se serait cru dans une série américaine. Tous les médecins arrivant tous en courant.
- J’ai juste fais un petit cauchemar. Pourquoi vous êtes vous inquiété ?
- Tu étais assise sur ton lit, pétrifiée comme un poisson surgelé. Ton visage était perlé de sueur, et ton cœur battait à deux cents pulsation/min.
- Pourquoi vous me traitait de poisson surgelé ?
- Non ce n’est pas ce que je voulais dire. Tu ne bougeais pas d’un fil, comme si tu avais était frigorifiée, ou congelée.
- C’n’est pas grave. »
Je n’ai rien contre les infirmières, mais celle-là avait surement un cerveau aussi petit qu’un petit pois. Me traiter de poisson surgelé, c’est vraiment n’importe quoi ici.

« - Pourquoi toutes les infirmières sont dehors près de ta chambre ? me demande Adrien, le lendemain.
- J’ai fais un cauchemar hier, et l’infirmière qui s’occupe de moi m’a vu, j’étais à peine réveillé, comme un poisson surgelé. Enfin c’est ce qu’elle a dit.
- Un poisson surgelé, s’esclaffe-t-il, c’est la meilleure. (Il rit) Haha ! Ma petite Framb, c’est la meilleure blague que je n’ai jamais entendu. Un poisson surgelé.
- C’n’est pas drôle !
- Mais, quoi j’ai juste dit que...
- Voilà ! Tu es content. Je boude maintenant. Na!
- Mais... »
Comment se fâcher avec son seul ami en une leçon : lui faire la tronche. Mais qu’est-ce qui me prend ? Je regarde Adrien. Il me fait les yeux de cocker. Je ris.
« - Ah tu vois tu ne boude pas, me dit-il
- Oh mais toi tu triches ! , rétorquai-je
- Main non ce n’est pas vrai.
- Mais si !
- Mais non !
- Oh que si !
- Je t’assure que non !
- Je suis sure que si, faire les yeux de cocker, c’est tricher.
- Mais toi tu t’es retournée.
- J’étais sure que tu faisais encore l’idiot.
- Oooh ça suffit vous deux ! On vous entend du couloir du fond, dit l’infirmière en entrant dans la chambre, il y a des patients qui se plaignent et du personnel médical aussi. Crier comme deux gamins de maternelle, dans un hôpital. Vous n’avez pas honte ? »
Nous baissons notre tête, signe de soumission. C’est vrai on en a fait un peu trop. L’infirmière sort. Et moi, je sors mon tableau. Emballé évidement. Et là, je ne sais plus quoi faire. Blocage. Décrochage. Mon main lâche le tableau. Mon cœur rate un battement. Puis un autre. Et si mon rêve avait voulu me prévenir. Je m’effondre. Mes paupières se ferment. Une voix. Encore cette voix d’ange. « Framb, Framb, tu m’entends ? Framb, réveille-toi bon sang... ». Encore ce caillot qui fait des ravage. Dans quelle veine ou artère a-t-il encore pu se bloquer ? Mystère.

Fin du chapitre 3


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MessageSujet: Re: Framboise Première Partie   Mer 27 Mai - 21:56

Chapitre 4

Fichu caillot. Il m’emmerde bien la vie celui-là. Depuis ma naissance, il se balade à travers mon corps. Mais ce n’est pas la première fois qu’il me fait un coup comme ça mais franchement ça devient chiant, il n’y a pas d’autre mot.
La dernière fois, j’ai eu beaucoup de chance, j’étais comme ici dans un hôpital. Au milieu de médecins. Mais ils n’ont pas vu cette horrible chose qui voudrait bien m’étouffer. Elle est restée là, à se balader dans mes artères en cherchant un bon petit coin, pour se poser et boucher le passage. Ça m’énerve. Mon cœur s’est arrêté grâce à lui. Depuis un bon bout de temps.
Le seul truc qui est bizzard est que j’arrive encore à me parler à moi-même. Mes pensées résistent encore et toujours à l’envahisseur. Youpi ! Je vais encore continuer mon séjour en enfer. Génial !


Pff ! Encore ce foutu paysage rose bonbon. Qu’est que veulent me dire mes rêves cette fois ? Tiens je n’entends pas la voix de l’ange de la dernière fois ni même celle de la sorcière. Je commence à marcher. Et j’observe. Ce paysage me calme, et me réconforte, même s’il est rose. Aaaah non, maintenant il est vert. Maintenant c’est parfait. Je continue de marcher. J’arrive à la lisière d’une forêt. Tiens ça me rappelle une méthode de relaxation que m’avait apprise mon « père » quand j’étais plus petite. Oh ! un siège sous un arbre. Enfin c’est plutôt un banc. Un banc rouge, rouge comme le sang. Je m’approche et je vois une jeune fille étendue sur ce banc aussi blanche que la neige et entourée d’une flaque de sang. Elle a à peu près mon âge. Elle a les mêmes habits que moi en ce moment. Exactement, la même couleur de cheveux. Cette jeune fille est mon double. Non ce n’est pas possible ! Ses paupières s’ouvrent. Je ne peux pas m’empêcher de regarder ses yeux, ses yeux blancs.
Blanc comme sa peau, comme mes yeux le soir de ciel sans nuage avec une lune qui empêche de dormir tellement elle brille. Non ce n’est pas ma jumelle, c’est moi. Morte étendue sur ce banc. Blanc. Blanc....

Je sens un courant d’air. Je frissonne. La jeune fille, ou plutôt mon double, s’est envolée. Ce courant d’air devient plus violent. Le paysage devient noir mais toujours pas de bruit.
Je sens des mains sur mon visage mais personne n’est devant moi. On m’ouvre une paupière, et là un visage. Ou plutôt plusieurs.
La netteté s’intensifie. Je me suis réveillé. Une foule de personne entoure mon lit. J’étouffe. Mais mon cœur bat. Encore. J’aperçois deux visages inconnus. Deux visages chaleureux, remplis de tendresse et d’amour. Tout ce que je n’ai pas eu. Mais le plus bizzard, c’est que j’arrivais à mettre un nom sur leurs visages. Silvia et Arthur. Mes parents. Non ce n’est pas possible. Je suis en train de rêver ! Mes paupières de referment. Elles sont tellement lourdes.

Qu’est-ce-qui se passe maintenant ? Quel rêve vais-je faire ? J’ouvre un œil. Non ! Ce n’est pas possible ! Je suis en train de me battre avec un troll ! Mais c’est n’importe quoi !? Faut vraiment que j’arrête de dévorer les livres fantastiques. Et faut-il vraiment que je me batte avec ça ?
« Tu gagne ce combat, tu te réveille. Tu le perds, tu meurs. Le premier qui tue l’autre est libre.», dit une voix dans les tribunes.
Et ben voyons ! Comme si je savais combattre ! Je suis douillette comme pas possible. Et hyper fragile. Combattre contre un troll, mais ça relève du suicide ! Oh ! Mais il me vient une idée.

« J’accepte de combattre avec lui à une condition. » « Laquelle ? » « Tuez-moi d’abord ! »
Mauvaise idée, cela aussi relève du suicide. Je suis vraiment idiote des fois. Je... je suis complètement folle.

Mais qu’est-ce-qui m’a pris de dire ça ? Voilà, maintenant, je vais crever dans un rêve, si ce n’est pas ironique ça. La voix, ou plutôt un homme caché sous une cape noire, me prend par le bras et avec deux trolls derrière. Nous commençons à marcher. Il me serre tellement le bras que j’ai l’impression qu’il me le tort. Je me rends compte que l’arène a disparue. Nous arrêtons quelques secondes devant un champ de blé vert, comme au printemps. Puis nous continuons sur notre chemin. Le champ devient jaune, doré qui m’éblouie les yeux, comme ceux en été dans la campagne. Nous marchons de plus en plus vite, le chemin est de moins en moins praticable. Le champ n’est plus qu’un tas de tige. L’automne, maintenant c’est l’automne. Je suis à la limite de courir, sur des pierres manquants de s’effondrer. Le champ n’est plus que terre et désolation, comme en hiver. Je suis tombée, comme une crotte. J’ai glissé sur une pierre, qui s’est détachée de la paroi. Mon cœur, transpercé par une de ses pierres très aiguisées, continu de battre jusqu’à que mon corps n’est plus assez de sang pour pouvoir continuer à vivre. A ce moment là, il s’arrête. Me laissant comme pour morte, la voix, enfin l’homme, hausse le ton comme pour parler. Et enfin, il commence son discourt.

« Voilà, j’ai exaucé ton vœux, tu es morte. Tu es contente de toi ? Tu ne reviendras jamais dans ton monde de malheur. Ou plutôt devrai-je dire notre monde. », dit-il en soulevant sa capuche, « Mais tu n’as pas compris. Mon petit troll n’allait pas te faire de mal, tant pis pour toi. Et dire qu’avant je te trouvais attirante, et intéressante par rapport aux autres gourdes de notre collège. »
La voix d’ange, elle s’est transformée. Comme dans un des mes autres rêves. Elle est devenue hargneuse, aigre et acerbe. Adrien... Sa voix d’ange. Il l’a perdue. Disparue. Oubliée. Il a changé. Non. Non ce n’est pas possible...
« Tant pis pour toi. Tu as raté ta chance. Dois-je te dire comment je te trouvais avant que tu ne veuilles crever ?»
Je ne répondis pas. Je ne sais pas quelle douleur est la plus forte, celle du corps ou celle du cœur. La seule chose à dire c’est qu’elle était très forte, trop forte pour ne pas se laisser tomber dans l’oubli. Mais il faut que je lutte. J’ai besoin de savoir. Je dois savoir. Tout savoir.
«Oh ! Tu ne réponds pas ? Je prends ça pour un oui, alors. Bien, commençons, j’ai tout mon temps, moi. Je vois que toi tu ne pourras plus trop longtemps tenir. Alors je prendrai tout mon temps. Savais-tu comment avant je te trouvais ? Je te trouvais très jolie, tu étais belle, un vrai canon, mais une beauté si différente des autres. Tellement différente, mais tellement belle. Les autres n’étaient devenues que des gourdes maquillées à la peinture, avec des vêtements bien trop petits pour elles. Tu étais comme un souffle de liberté, un souffle de simplicité et d’originalité par rapport à elles. »
Un canon moi, il faudrait vraiment que je me regarde dans une glace un de ces jours. Je ne suis pas belle. Je suis laide, moche. Oui voilà, je suis horriblement moche.
« Tu avais quelque chose qui te rendais aussi attirante qu’un aiment. Un petit quelque chose qui faisait frémir, qui ne pouvait pas empêcher les gens de se tourner pour te regarder. Ton air de martyr me faisait pitié, enfin nous puisque je n’étais pas le seul. Beaucoup de garçons étaient tombés sous ton charme. Tu étais très intelligente. Trop à présent. Tu as su nous berner, nous manipuler. Tu savais très bien ce que tu devais et ce que tu allais faire. Tu avais beaucoup de temps pour réfléchir et tu savais bien, et même trop bien, réfléchir. »
Moi qui suis blonde, je sais réfléchir ? Alors eux qui sont-ils pour être si peu intelligent? Ils sont juste super cons ou super amoureux, Ils « étaient » amoureux, je présume, parce que je ne pense pas qu’ils me frapperaient s’ils étaient encore amoureux de moi. Est-il en train de me faire une déclaration d’amour ? J’en doute, franchement, j’en doute...
« Tes yeux avaient envouté tous les garçons quand tu es arrivée. Personne n’a su oublié ton regard. Tant de peur, de haine, de douleurs, dans deux si beaux yeux bruns, presque noir. Cela nous faisait froid dans le dos, mais nous aimions ça. Tes yeux cachaient quelque chose, un secret que tu gardais bien précieusement au fond de toi. Un secret que personne n’avait réussit à trouver. Un secret, trop bien gardé. Un secret te concernant, ou plutôt concernant tes yeux, ça nous le savions. Nous étions fous de toi mais incapable de nous l’avouer à nous même. Parce que tu étais différente. Tu l’es toujours maintenant. Et tu le resteras à jamais. »
Qu’est ce qu’ils ont tous contre la différence ? C’est la diversité qui fait le monde et eux veulent être pareils. C’est à s’en tirer les cheveux ! Mais qu’ils sont c***, mais qu’ils sont c***.
« Alors nous voulions t’oublier en te faisant quitter la région. Mais ta mère te détestait et ton père n’était presque jamais là, et aucun d’eux ne voulaient partir d’ici, aucun ne voulaient ou ne pouvaient t’aider. Nous t’avions fait peur, nous te frappions jusqu’à tu tombes. Mais tu restais là. Nous continuions. Mais tu ne partais pas. Tu appris à te défendre, à tenir, encore une seconde de plus, à ne pas mourir, même si tu voulais le contraire au plus profond de toi-même. »
C’est de leur faute, ils me frappaient, je devais me défendre, montrer que je ne suis pas qu’une fourmi dans ce monde de géants. Même si mettre des beignes ne m’enchante pas tellement. Je suis une pacifique, mais si on me cherche, on peut me trouver mais en rogne, sauf contre eux. Je ne les cherche pas. Ils sont trente contre moi. Je ne peux pas tenir si longtemps. Ils sont beaucoup plus forts que moi.
« Mais moi, je ne pouvais pas oublier ton sourire, en arrivant ici, même si petit soit-il. Les autres ont pu t’oublier mais ils n’ont pas pu oublier leurs habitudes. Te frapper était devenu un devoir pour eux. Ils avaient besoin de te frapper. C’était devenu vital. J’ai tout fais pour qu’ils arrêtent. Tout. Ils ne l’ont jamais fait. Ils n’ont jamais voulu. Mais tu t’en fichais, tu ne pensais qu’à survivre. La survie. Tu n’avais que ça dans ta tête. Survivre. De quoi et pourquoi ? Pour un espoir d’enfin retrouver ta vraie famille. Pour croire qu’un jour tu pourras vivre avec tout le bonheur que tu voudras. Tu te trompes. Tu ne retrouveras jamais ta famille. Tu m’entends. JAMAIS ! Je t’en fais le serment. Tu ne les retrouveras jamais. Mais je te laisse une petite chance. Parce que je ne suis pas totalement comme les autres. Tu as le choix : soit ils meurent avant toi soit c’est toi. Mais comme je suis un ange, tu te l’as dis toi-même, je te laisse en vie, tu ne mourras pas, pas maintenant. Mais tes parents si, à moins qu’il ne soit déjà trop tard et qu’ils soient déjà mort. Et tu sais pourquoi j’ai fais ça ? Parce que tu m’as à jamais brisé le cœur. A jamais. Brisé à jamais. »

Comment ?! Comment j’aurai pu faire ça ?! Il est aussi c** que les autres ou quoi ?! Si j’ai bien compris il a déjà tué mes parents, je suis encore en vie, il ne m’a pas encore tout dit. Oh non ! il ne m’a pas encore tout dit ce s****, il va payer. S’il a tué mes parents, il est mort. Il a déjà signé son arrêt de mort.

Fin du chapitre 4


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MessageSujet: Re: Framboise Première Partie   Mer 27 Mai - 21:58

Chapitre 5

Réveil. Encore une fois, j’ai fais un cauchemar. J’en ai mare de faire autant de cauchemar. Tu ne pourrais pas me construire un petit rêve, mon cerveau chéri ??? Eh bien non ! Encore et toujours ces foutu cauchemars qui ne finissent pas !

Depuis que mes parents sont partis j’ai découvert quelque chose : j’étais spéciale. La nuit quand la lune est bien dégagée on peut mieux voir ma « spécialité ». J’ai les yeux blancs presque transparents. Au début j’ai eu un peu peur que les gens me regardent encore plus bizarrement. Mais je n’avais les yeux blancs que les nuits de lunes dégagées. Et je détestais, encore aujourd’hui aussi, ces nuits là. Ce sont les nuits où ma « spécialité » est beaucoup plus importante.
En quoi consiste celle-ci, allez vous me demander ? Pour moi-même c’est un peu confus. Je peux voir à travers mes rêves un secret bien gardé d’une personne, un futur très incertain, le passé pour m’aider à comprendre, ressentir certain sentiment quand je touche quelqu’un et d’autres choses qui n’ont du se passer qu’une ou deux fois pas plus. Franchement, à chaque fois, ça fait froid dans le dos. Je n’ai pas trop du mal à différencier le vrai rêve du « cauchemar ». D’abord je ne fais quasiment pas de rêve et mes « cauchemar » sont assez spéciaux. Ils prennent des faits réels et les transforment, à leur manière. Mais je ne les écoute presque jamais. Je devrai. Et j’aimerai que tout ça s’arrête.

Sauf que celui-là avait l’air si vrai, j’ai vraiment l’impression que mon cœur allait lâcher. Quoique, ça aurait été pas plus mal. Je me serais débarrassée de tout. J’aurai pu enfin... Mais je suis encore là. C’était si vrai, j’ai l’impression d’avoir garder des séquelles. J’ai si mal au cœur que j’ai envie de vomir. Et Adrien dans tout ça, il ne pourrait pas faire ça, il ne pourrait pas tuer mes parents j’en suis sure. Il ne le pourrait pas... Et puis pourquoi pas ? Et si ... Mais non, il ne le ferait pas. Il sait que j’ai trop besoin de retrouver mes vrais parents. Il sait que c’est presque une question de vie ou de mort. Si je reste encore quelques jours de plus dans cette famille d’accueil, je meurs. Je ne peux plus vivre là-bas. Je ne peux plus vivre toute cour. La vie est tellement dure avec moi. J’ai tellement envie qu’elle m’abandonne, elle.

Adrien est là près de moi, endormi, sur le fauteuil. C’est bizarre qu’il ne bouge pas d’un pouce.
Un sentiment fort s’empare de moi. La mort. J’ai envie de le tuer. Je ne sais pas pourquoi. La rancœur, ou la rancune... Je suis sure que ce rêve était un peu réel. Mais comment pourrai-je le savoir. Je ne vais pas le réveiller, quand même. Et pourquoi pas ? A moitié endormis, il me répondra peut-être plus facilement. Enfin j’espère. J’ai besoin de tout savoir. J’ai l’impression d’avoir perdu une partie de ma mémoire. Une partie de mon existence.
Je le réveille. Mais il ne bouge pas. Je lui donne des claques. Pas un mouvement de sa part. Je me lève. Je le secoue. Je m’arrête. J’écoute sa respiration. Silence. Son cœur ne bat plus. J’appelle l’infirmière, qui arrive en courant. A son arrivée, elle appelle un médecin, qui arrive lui aussi en courant. Deux minutes plus tard, il donne son verdict, il est mort depuis quelques heures. Il a pris une trop grande quantité de somnifère, la boite était tombée de sa main. On me l’avait donné pleine avant mon « cauchemar ». Je ne l’avais pas encore utilisé. Et lui, il l’avait vidé.
Le médecin fait le tour de la pièce, ouvre les tiroirs, les placards en pensant trouver d’autres boîtes. Rien. C’est la seule boîte que l’on m’avait donné.
Qu’est-ce-qui lui a pris ? Qu’avait-il à me cacher pour se tuer ?


Je suis sortie ! Après une bonne semaine passée après le « suicide » d’Adrien, je suis enfin sortie. L’air extérieur me manquait tant. L’odeur est tellement différente de celle de l’hôpital. Je suis super heureuse et en même temps j’ai peur. J’ai la trouille de retourner au collège. Je suis terrifiée en pensant qu’ils vont encore recommencer. Qu’ils n’arrêteront peut être jamais. Je suis certaine qu’ils vont me mettre sur le dos sa mort.
C’est bizarre, je parle de sa mort avec une certaine indifférence. Moi qui pensais que j’étais folle de lui, je n’ai même pas pleuré deux secondes. Je n’étais pas si amoureuse de lui tout conte fait.
Et puis pourquoi s’embêter de ça alors que la vie vous donne une nouvelle chance, elle vous relance la perche pour vous rattraper, elle vous garde encore un peu plus de temps auprès d’elle pour se sentir moins seule.
Je suis enfin sortie ! Plus de tonne de médicament dégoutants, plus de psy, plus de repas froids, plus de pyjamas rayés, plus rien de tout ça, plus de télé qui ne marche pas, plus d’obligation de rester allongée toute la journée, plus d’hôpital. Enfin libre! Tout ça est enfin fini! Fini!
Paul est venu me chercher. Il est le seul à savoir ce qui c’est vraiment passé. J’ai menti. C’est Alice qui m’a poussé.
Elle ne voulait plus de moi près d’elle. J’étais devenue encombrante pour elle. J’en demandais trop d’après elle. Elle aussi voulait que je parte, ou du moins un petit moment. Tout le monde au collège avait su ce qui c’était passé, ils avaient tous su qu’Adrien m’avait raccompagné. Alice était elle aussi amoureuse de lui. Le camion n’était pas très loin de nous. Elle a juste attendu le bon moment pour me pousser sur la chaussée. Elle ne voulait plus de moi...
Voilà la vraie histoire. Mentir. Toujours mentir. Pour rendre la vie plus belle, pour faire croire tout ce que l’on veut à quelqu’un pour être intéressant. Pour ma part, j’ai menti pour cacher la vérité sur celles qui se dit mes amies par pitié pour moi.
Je sors de ce foutu bâtiment. Paul part chercher la voiture. Je ne dois pas trop bouger, ordre du docteur. Je regarde dans le vide. Tout cela passe trop vite, trop vite pour en profiter. Quelle poisse !
Paul revient enfin. Il est silencieux comme une tombe, les yeux rouges, des mouchoirs sales plein les poches. J’ai beau lui demander ce qu’il se passe, il ne me répond pas. Nous roulons une bonne demi-heure, enfin je crois. Je me suis endormie durant le trajet. Tous les médicaments que j’ai avalés m’ont affaiblie, en quelques sortes. Même marcher devient presque un supplice. Le seul point positif est que depuis le suicide d’Adrien, je ne « cauchemarde » plus. Tout est devenu calme, comme si tout été fini, comme si j’allais enfin connaître un peu le calme, le vrai. Mais cela ne durera pas, je le sais. Ce n’est pas la première fois que j’ai des pauses. Cela m’arrive, rarement. Et quelques jour plus tard ça repart, plus violement, pire encore que les autres fois. J’ai des maux de crâne incroyables. Pendant des semaines, j’ai l’impression que l’on me prend mon cerveau et qu’on le retourne dans tous les sens. C’est horrible.
Je sors de la voiture. L’air s’est rafraichit. Martine ne m’accueille pas, comme d’habitude. J’ai bien l’impression qu’elle n’a même pas du remarquer ne serai-ce qu’une seconde que je n’étais pas là depuis un bon mois. J’ai l’habitude, elle ne m’aime pas, je ne peux pas lui en vouloir.
Je me sens toute bizzard tout d’un coup. L’impression d’être regardée par des centaines de personnes. C’est assez gênant. Paul m’emmène dans le salon, et me fais assoir sur le canapé. J’étais et je suis bien regardée, par des journalistes, environ une grosse vingtaine. Tous venus pour je ne sais quoi. Mais Martine, assise sur le canapé à côté de moi, crispée, s’est détendue en me voyant et m’adressa un de ses plus beaux sourires comme ceux qu’elle ne donne qu’à ses plus proches amies. Ces journalistes avaient réussirent à faire sourire ma mère en quelques secondes alors que Paul avait bataillé pendant des années pour qu’elle me respecte ne serai-ce qu’un petit peu. C’était un peu drôle et en même temps ça me faisait un peu peur cette gentillesse soudaine. Je n’avais pas du tout l’habitude. Je me sens mal. Tout ce monde autour de moi, ça me donne le vertige. J’ai la tête qui tourne.
Les journalistes commencent. Les questions se succèdent à une vitesse folle. Je parle presque sans réfléchir. Je commence de plus en plus à avoir une migraine. Elle est assez forte. Mon père arrête un moment l’interview. Des larmes perlent mon visage. Ils n’auraient pas du. Non, ils n’auraient pas du parler de mes parents, mes vrais parents. Ils n’auraient pas dû dire qu’ils étaient morts. Ils n’auraient pas dû...
Paul me fait sortir de la pièce, et me laisse dans ma chambre. Arrivée sur mon lit, je ne retiens plus mes larmes. C’est horrible. La vie est injuste avec moi. Elle m’a relevé pour me refaire encore tomber. Pourquoi je ne peux pas avoir quelques minutes de bonheur ? Je ne pourrai jamais être aimée. Pourquoi la vie est injuste avec moi ? Pourquoi ?
Tout d’un coup, j’entends un cri, provenant de ma fenêtre. Je m’approche doucement. Et je le vois, agrippé à la rambarde de mon balcon comme il peut, gesticulant comme pas possible. Il était là depuis le début. Nous nous étions vu une fois après la mort d’Adrien, mais ce moment là a été le plus beau moment de ma vie. Mais je ne le savais pas encore ce qu’il allait ce passer mais je savais qu’il allait faire basculer ma vie...


Fin du chapitre 5


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MessageSujet: Re: Framboise Première Partie   Sam 30 Mai - 15:46

Fin de la première partie
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Framboise Première Partie
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